Aujourd'hui j'ai rangé mes livres, nouvelle petite bibliothèque oblige.
Il y en a, je les ai lus et relus, d'autres commencés sans les avoir finis mais en rêvant bien sûr de les terminer un jour.
D'autres ont été lus mais pas par moi... et j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
La bibliothèque de mon père,en chêne verni, monument original, dans un certain style, trônait dans le petit salon.
Une bibliothèque sacrée. Certains compartiments fermés à clef, ce qui m'avait toujours intriguée.
Quand il partait longtemps et loin alors seulement -et avec la complicité de ma mère, j'en profitais pour faire mienne la bibliothèque, je rampais vers le bas du meuble et je jouais dans une sorte de niche où j'installais mes poupées.
Dès qu'il revenait, pas question de rôder autour du meuble vénéré.
Quand plus tard j'enfreignais la règle (non sans peur) et que je furetais, soulevais les livres, les soupesais, les humais, et bien que les remettant parfaitement en place, il s'en apercevait,
se mettait dans une forte colère qui ne m'impressionnait nullement et qui me lassait plutôt dubitative.
Dans ce coffre-fort livresque, il y avait aussi des cigares, des Lucky Strike, des Craven A pour ma mère, des objets en cuir de Russie, de la correspondance, des photos, des fournitures -de grandes règles en bois- et certainement quelques dossiers Secret Défense.
Maintenant la bibliothèque est chez moi -rien qu'à moi- elle est placée dans le seul couloir de la maison, les chères têtes blondes l'ouvrent et la ferment à leur guise. J'ai étonnamment perdu les petites clefs du meuble « Barbe Bleue ».
Plus de contrôle sur le bibliothèque, plus de craquements culpabilisants, mais au contraire une jubilation à l'ouvrir et à la fermer autant de fois que souhaité. L'histoire fait quand même que
je l'entretiens dès qu'un morceau de parement est décollé...
A la fin de sa vie et sur son dernier lit, il me recommanda de ne pas oublier de payer ses impôts. Je ne crois pas qu'à ma dernière heure, devant la Faux, je ne crois pas que je m'en soucierais et d'ailleurs je n'en aurais aucune envie, je n'en aurais cure...
Oui, décidemmment les générations se suivent et ne se ressemblent pas, tant mieux.
Le « premier homme de ma vie », prudent, avait quand même pris soin de dissimuler, bien collés derrière le meuble « Dinosaure », quelques jaunets étincelants, sonnants et
trébuchants.
Cela aurait pu être la première fois de ma vie que je trouvasse un trésor mais ce ne fut pas moi qui mis la main dessus.
























C'est aux "Sardinades" et autres "Oursinades" que nous avons passé la soirée,
me retrouver quelques instants en famille me détend, « popu » à tout crin mais simple, nature, gai.

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