:::EN PRISON ET EN PSYCHIATRIE:::

Publié le par Rêves de B::::



Je ne peux m'empêcher de copier-coller cet article du blog du Dr Colbeaux -dans mes liens- Moi qui commencait à prendre en pitié RDati, je rétrograde car mettre des gosses en prison à 12ans me révolte complètement!
Fussent-ils déjà considérés comme perdus.
Car si certains le seront, d'autres par le truchement de la Vie, s'en sortiront! On sait bien qu'en prison on y meurt..."Des enfants en prison à 12ans, c'est du bon sens, dit-elle!" Je crois bien que c'est vous qui perdez le vôtre RDati...Vous êtes vraiment prête à n'importe quoi pour revenir dans les petits papiers de Mr  le Président Tsarko. Voilà votre parole discréditée par Mr Fillon, bien fait!
Il n'y a pas que RDati qui perd son bon sens, je vous en prie lisez donc ce que Mme le Procureur a déclaré à propos des enfants fouillés dans un collège du Gers en présence de représentants de l'ordre...
Réflexion imbécile!link
Heureusement que mes enfants n'y étaient pas, je portais plainte illico, les parents d'élèves auraient dû le faire et les enseignants aussi!! Finalement les femmes, lorsqu'elles ont le pouvoir, sont tout aussi redoutables (le mot est faible) que certains hommes.
Et autre sujet, à propos de ces jeunes femmes qui risquent perpet....
Tout ça parcequ'à 16ans, elles avaient un pois chiche dans la tête!
J'essaie l'empathie lorsque j'entends les gens crier vengeance pour éteindre leur chagrin (?!).
"Et si c'était ton gosse qui était mort dans cet incendie, réagirais-tu de la même façon?!"
C'est sûr, j'aurais envie de hurler ma colère moi aussi sur elles, de les mordre, de leur arracher les joues et les yeux etc. J'aurais envie... Mais je me dirais aussi que mettre le feu dans des boîtes aux lettres, ce n'est pas comme -intentionnellement-  mettre le feu à un immeuble! Et que malheureusement les mettre en prison à perpétuité ne servira à  rien bien au contraire, elles sortiront détruites.
Alors mettre de jeunes voyous de 12ans en prison c'est débile!
Que savons nous de ce qui peut se passer dans la tête d'un enfant? N'importe quel enfant peut faire une bêtise grave porté par son histoire, ou simplement influencé, ou par défi ou par simple auto-punition, allez savoir...?!
Qu'un Garde des Sceaux  puisse, un seul instant, le penser, me révolte...Je me demande si elle n'a pas eu son diplôme dans une pochette surprise...Allez savoir?!
Et ensuite la psychiatrie...link
J'y ai moi-même travaillé
avec des copains et copines ("vous savez, c'était les années où on allait travailler en chantant...") je me suis faite agresser 1 fois, cuir chevelu décollé++, tellement la jeune femme -schizophrène- avait tiré fort sur les cheveux, bêtement j'avais le dos tourné dans la pharmacie du service d'entrants; cela s'expliquait car juste après son accouchement, le juge lui avait enlevé son bébé et l'avait placé en pouponnière. Pauvre I*, trop dur pour elle malgré sa lourde pathologie, ce n'est pas parcequ'on est schizo qu'on ne souffre pas...
Le lendemain une autre a été agressée -punaise dans l'épaule- puis I* a eu son traitement retard...et la violence a été jugulée, avant c'était la camisole de force. Piquer à travers le pantalon ça arrive aussi quand le patient est hospitalisé en état de quasi démence, agitation+++, hallucinations, délire agressif...
Je me souviens aussi de ces agents, infirmière et aide-soignante de nuit, décapitées
dans un HP à Pau... J'étais à l'étranger cette année là.
Des nuits j'en ai eu faites, j'étais méfiante mais peut-être pas encore assez. Je dois dire que parfois -suivant les patients hospitalisés- je n'étais pas trop rassurée lors des rondes de nuit  avec ma lampe de poche pour cie.
Et si je m'assoupissais -ça arrivait-  je m'enfermais à clef dans le bureau à la porte vitrée.
A partir de là, il est très difficile de juger du comportement de l'individu considéré psychiatrique ou pas d'ailleurs. J'ai traversé l'Afrique qqsfois et à certains moments -état de guerre, zones militaires...- j'aurais pu "y passer" mais le baratin, le dialogue, le bon sens, le sang froid ou tout simplement la chance, ont fait que je suis toujours là...
Quelles sont les limites, sur quoi s'appuyer, il y a toujours un risque.
Je me souviens de ce médecin généticien lors d'une consultation.
Sa patiente, enceinte -autour des 35ans-, hésitait à faire une amniocentèse.link
Le dilemne faire l'amniocentèse c'était prendre le risque de faire une fausse-couche si le trocard piquait malencontreusement le foetus -ça arrive parfois- ne pas faire l'amnio c'était  risquer d'avoir un enfant trisomique.  Finalement  le généticien  très calmement lui dit: "Madame, la vie est un risque!" Et il étaya sa remarque avec des exemples concrets."
Bien bazarette vous laisse enfin lire ce texte, ensuite chacun se fera son opinion.

PSYCHIATRIE LA REGRESSION SECURITAIRElink
Psychiatrie : la régression sécuritaire

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Psychiatrie : la régression sécuritaire, par Cécile Prieur
LE MONDE | 05.12.08 |

Jamais un hôpital psychiatrique n'avait encore reçu un président de la République en ses murs : la visite de Nicolas Sarkozy, mardi 2 décembre, au centre hospitalier spécialisé d'Antony (Hauts-de-Seine) devait donc faire date. Elle restera effectivement dans les annales mais comme un point de rupture, un moment de fracture entre la communauté médicale et les pouvoirs publics. Annonçant la multiplication des moyens d'enfermement au sein des établissements et un durcissement des conditions de sortie des patients hospitalisés d'office, le chef de l'Etat a surpris et choqué les professionnels du soin : l'ensemble des organisations publiques représentatives des psychiatres a dénoncé "une approche exclusivement sécuritaire de la psychiatrie, qui apparaît comme une régression inacceptable".

Alors que la psychiatrie publique traverse une crise profonde - crise de moyens, d'identité et de valeurs -, le discours de M. Sarkozy paraît au mieux inadapté, au pire dangereux. Prononcé trois semaines après le meurtre, le 12 novembre, d'un jeune homme par un patient schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Grenoble, il tourne le dos à toute amélioration de la prise en charge sanitaire pour ne retenir que des solutions de type carcéral : création d'unités fermées avec vidéosurveillance, multiplication des chambres d'isolement, pose de bracelet GPS aux patients en promenade, sorties décidées par les préfets après avis d'un collège de trois professionnels du soin au lieu d'un seul aujourd'hui... On ne saurait mieux faire passer le message que tout patient hospitalisé sous contrainte est un individu dangereux dont la société doit se prémunir.

La réalité est tout autre. Les 600 000 personnes souffrant de schizophrénie sont bien moins meurtrières, en proportion, que les amants jaloux ou les délinquants notoires. En 2005, sur 51 411 mis en examen dans des affaires pénales (crime ou délit), 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité pour cause psychiatrique, soit 0,4 % de l'ensemble. Aucune étude n'a prouvé scientifiquement que les malades mentaux seraient plus dangereux que la population générale. Mais il est démontré qu'ils sont les premières victimes des faits de violence, à cause de la stigmatisation dont ils font l'objet : selon le rapport de la commission "Violence et santé mentale" de l'anthropologue Anne Lovell, publié en 2005, la prévalence des crimes violents envers les patients en psychiatrie est 11,8 fois plus importante que par rapport à l'ensemble de la population ; celle des vols sur personnes est 140 fois plus élevée.

Multiplier les mesures d'enfermement au sein des hôpitaux psychiatriques pour se prémunir contre la violence éventuelle de malades mentaux est de toute façon illusoire : en psychiatrie encore moins qu'ailleurs, le risque zéro ne peut exister. Sauf à vouloir éradiquer la maladie mentale, abomination que seul le régime nazi a tentée, aucun psychiatre ne peut certifier qu'un individu ayant fait preuve de dangerosité ne commettra pas un nouvel acte violent un jour. Au contraire, la prise de risque est consubstantielle à la psychiatrie, elle est la condition même du soin. Même sous la contrainte, le traitement ne peut s'envisager que dans une perspective d'amélioration du patient : ce qui implique, si son état le permet, qu'il puisse progressivement retourner dans la cité et que les mesures attentatoires à sa liberté soient levées.

Il est en effet possible de soigner les malades mentaux dignement et de tenter de les réinsérer dans la société, sans avoir recours à des mesures aveugles d'éviction. Depuis la révolution aliéniste impulsée par Philippe Pinel en 1792, qui a symboliquement libéré les malades mentaux de leurs chaînes, à l'hôpital Bicêtre, c'est tout le sens de la démarche psychiatrique, qui tente de concilier les impératifs de sécurité avec les nécessités de soin. Grâce à l'invention des neuroleptiques dans les années 1950, les psychiatres et leurs malades ont pu progressivement s'ouvrir à la cité, s'insérer dans le tissu social, changer progressivement le regard de la société sur la folie. Depuis la création du secteur dans les années 1960, la France s'est engagée dans un mouvement de déinstitutionnalisations, visant à fermer progressivement les grands asiles.

UNE VOLONTÉ AVEUGLE D'ÉCONOMIES

Une politique de création des structures d'enfermement dans les établissements viendrait contredire ce mouvement en reconstruisant les murs au sein de l'hôpital. A moins qu'elle ne vienne parachever un mouvement de casse de la psychiatrie que dénoncent depuis plusieurs années les professionnels du soin. Focaliser sur les questions de sécurité a en effet un grand mérite : cela permet de ne pas s'attarder sur la grave crise que traverse cette spécialité et qui mine les pratiques soignantes. Depuis dix ans, la psychiatrie s'enfonce ainsi dans la paupérisation, dans l'indifférence polie des pouvoirs publics.

La politique de fermeture des lits - 50 000 en vingt ans - justifiée au départ par un souci d'ouverture de l'hôpital à la cité a été poursuivie avec une volonté aveugle de faire des économies. La pénurie de personnel médical - environ un millier de postes sont vacants sur 4 500 psychiatres publics - et la perte de savoir-faire infirmier depuis la fin de leur formation spécifique en psychiatrie ont transformé les hôpitaux en lieux de passage, qui n'accueillent plus que les patients en crise.

A peine stabilisés, les patients sont poussés vers la sortie : beaucoup d'entre eux, notamment les schizophrènes qui se sont marginalisés de leur famille, échouent dans la rue, faute de places suffisantes dans des structures relais à l'hospitalisation. Ces laissés-pour-compte trouvent de plus en plus un refuge paradoxal en prison, où ils sont incarcérés après avoir commis des délits sur la voie publique. Selon une étude menée en 2004, un détenu sur quatre présenterait des troubles psychotiques. Inimaginable il y a encore quelques années, la trilogie hôpital psychiatrique-rue-prison s'est ainsi installée dans le paysage de la santé mentale.

Rien ne devrait atténuer ce sombre tableau dans les prochaines années. Au contraire, les préoccupations essentiellement sécuritaires de M. Sarkozy en matière de psychiatrie ne devraient qu'accentuer la tendance à la pénalisation de la folie. Tout se passe comme si l'on cherchait à dénier à la psychiatrie sa fonction soignante et à lui assigner un autre rôle, celui d'enfermer et de surveiller. Peu à peu, les frontières se brouillent entre l'hôpital et la prison : la prise en charge des malades mentaux, elle, reste hors sujet.

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Courriel : prieur@lemonde.fr.

Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 06.12.08































Publié dans HUMEURS

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GRABARCZYK 12/12/2008 00:04

Bonsoir,C'est la première fois que je visite votre blog et je ne suis pas déçu...Quel foisonnement d'images et de textes ! Au moins cela ne manque pas de richesse et de diversité.A bientôt.MG

Rêves de B:::: 15/01/2009 21:40


Bonjour excusez moi de répondre si tard...J'ai fait une petite visite rapide sur votre blog par l'intermédiaure de Nadège, vos carnets sont très intéressants, merci
pour votre passage et moi aussi je vous dis à bientôt.
bibi


jluc le pechou 09/12/2008 22:02

coucou, ma bibi en colère !Je suis un peu comme suspicious-duck pour ce qui est des "ballons sondes" du petit president, mais c'est vrai qu'en ce moment le sprojets les plus effrayants se succèdent et ne sont pas toujours enterrés aussi profond que l'on croit.même désavouée, son projet (de Dati) laissera des traces, et il sera tot ou tard remis sur la place.bon je t'embrasse et a bientot

fredo 08/12/2008 16:40

Bientôt ,à ce rythme ,on va nous parler d'eugénisme !!!!Pauvre France Bises BB .

Terreetmer 07/12/2008 01:05

 comment ne pas bouillir devant de tels discourts, comme si la prison pouvait sauver ces pauvres gosses, quand on sait ce qui ce passe en tôle :(( ... ils veulent definitivement les boussiller plutot !reformes, il n'a que ça à la bouche du nain, pauvre mec ! pour la spychiatrie, je trouve que c'est un bon en arrière, bien isolé le phenomene, surtout ne pas l'affronter de face,ingnorer les grandes souffrances que peut engendrer cette societe pourrie dans lequel nous vivons, une maladie où personne n'est a l'abris, cela ne tient qu'à un fil de percuter ou pas, c'est plutot dans l'information public,le soutien à la famille, au pascient qui faudrais plancher et surtout debloquer des fonds pour aussi la recherche et redonner vie à ces lieux cruels mornes et sales, c'est en voyant de ces yeux que l'on peut comprendre le sombre probleme, quel cauchemard bon dieu, pourquoi n'ecoutes-t-on pas ceux qui crient leur desespoir ????

revelise 06/12/2008 13:11

Bonjour bibi, pour dati tu as totalement raison et je rejoins ton opinion, il y aurait peut être d'autres façons de leur faire la morale, ça va que les enfoncer si ils connaissent si tot la prison, et en plus là il voudra peut être aussi ouvrir d'autres centres de détention, j'espère qu'ils ne vont pas les mélanger avec des adultes ou ados plus grands, mais tous les enfants font des bétises il faudrait plutot revoir l'éducation, trop sont livrés à eux mêmes trop tot. Pour la psychiatrie je connais pas trop le milieu, je te laisse le soin de nous en apprendre de ce côté là, je te souhaite un doux wk bisous.

Rêves de B:::: 06/12/2008 23:30


Merci pour ta visite, j'ai laissé "tomber" la psychiatrie pour aller vers autre chose mais c'est une période que n'a jamais cessé de m'enrichir, et je m'en sers
encore, ce n'est pas du tout un monde qui m'effraie, c'est bien sûr parceque je le connais; en revanche c'est très lassant de voir que les progrès des "souffrants" stagnent et n'évoluent guère car
le mal être est tellement profond...On aide à pas de fourmis. Très bon week end à toi et des bises...fraïches! bibi