SOCIETE ANGOISSEE:::

Publié le par Rêves de B::::

J'ai été taguée par "Dilettante", merci B*, je me prête au jeu du tag après avoir été à la pêche aux renseignements - au passage merci Rêvelise-.

Il y a 10 ans:
je travaillais comme une dingue avec....des dingues + une chef...
complètement nase, une vraie teigne -voir dessin-: 
Actuellement celle qui me remplace n'en peut déjà plus au bout d'un an! J'ai tenu des années...Rien de bien passionnant, en 98 je ne me souviens même plus où j'ai passé mes vacances.

 
5 endroits que j'ai habités:
- En Afrique.
- Un très grand appartement ancien en plein centre ville en coloc.
- Dans une Land Rover aménagée.
-Un petit appart avec un adorable jardin de curé.... et une mémée insupportable.
Je me réveillais tous les matins en sursaut, croyant tomber dans les "Victoria Falls"...La mémée tirait sa vieille chasse d'eau tous les jours, au dessus de mon lit,  à 5h ou 6h du mat!

- En Australie, dans une petite ville -au bord de l'océan-si tranquille que l'on pourrait s'y ennuyer mais non, ça fait un bien fou, c'est déjà loin...
Là où j'étais & 
Australiens -photo nettieh- 


3 plats que j'adore:
MES RECETTES FAMILIALES/
Les canellonis
Les beignets de pomme
Les profiteroles
etc!

5 choses que je vais faire aujourd'hui:
Je respire, tout le monde est parti...Big breathe!
-Travailler chez moi
-Faire quelques tâches ménagères, il faut bien que quelqu'un s'y colle...et notamment teindre une paire de chaussures en noir, mission commandée par un de mes fistons.
-Aller chez "Ravel" acheter une jarre pour des proches.
-Jardiner
-Une petite marche avec mon

 glittergraphics cutie pa tootie Caity's Doggy miss you


5 choses que je ferai si j'étais riche:
Aider les enfants qui souffrent
Financer MSF
Construire des unités de soins palliatifs
Débarrasser la planète des mines anti-personnel
Passer du temps dans les pays que j'aime avec des objectifs

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LE HASARD DERANGEANT    ARTICLE DE BORIS CYRULNIK






QUESTION: Il y a ceux qui disent n'avoir jamais de chance, et ceux qui prétendent au contraire avoir de « la veine ». Les premiers jalousant souvent les seconds. Alors, sommes-nous égaux face au hasard ?

Boris Cyrulnik :

Je travaille beaucoup avec des personnes qui ont été en détresse, des enfants de la guerre, abandonnés...Quand on parle avec ces adolescents ou jeunes adultes, l'étonnement pour nous, cliniciens, est de les entendre nous dire : »Qu'est ce que j'ai comme chance ! ». Pour eux, la chance, c'est d'être encore en vie. Leur sentiment de chance est provoqué par une représentation de leur propre histoire : ils sont en vie c'est donc qu'ils ont eut de la chance.

Au contraire, beaucoup d'enfants protégés ont le sentiment de ne pas avoir de chance : « Mes parents n'ont pas pu m'acheter de nouvelles baskets ». Le sentiment de chance est provoqué par une représentation, bien plus que par les faits se produisant au hasard !

Q : Comment se construit notre rapport au hasard ?

BC : Parmi nous, il y a ceux qui, très schématiquement aiment le hasard, et ceux que le hasard effraie. Ceux qui sont effrayés par le hasard sont souvent ceux qui, dans leur enfance, n'ont pas pu se construire une « base » de sécurité, et cherche à se la fabriquer. Ils ont besoin de contrôler le plus de choses possibles, car tout les angoisse. C'est ce que nous disent les résultats des expérimentations menées par des centaines de laboratoires dans le cadre de la théorie de l'empreinte.

Chez les êtres vivants qui ont besoin d'un congénère pour se développer (les mammifères, les oiseaux, les humains..), la présence de cet autre être rassure et s'imprègne dans sa mémoire. L'être vivant en développement est alors à même de tenter l'aventure de la découverte de l'inconnu, et d'y éprouver du plaisir. Il va aimer prendre des risques, jouer avec des objets ou des idées si c'est un être humain.

Pourquoi ?

Parce que son psychisme préverbal aura été imprégné d'une base de sécurité : il aura acquis une confiance primitive-ce qu'on appelle aujourd'hui « un attachement sécurisant ».

A l'inverse, si au cours de son développement très précoce l'être vivant a été privé de cette base de sécurité, par un accident de la vie, la guerre, la maltraitance, alors il éprouve pour les mêmes situations objectives, un sentiment d'alerte qui suscite une angoisse extrême. Il panique, il somatise : les oiseaux ont des diarrhées émotionnelles, les mammifères ont des dermites que l'ont voit apparaître en quelques heures. Chez l'homme, cela se traduit souvent par des maladies de peau, faciles à voir.

Q: Notre rapport au hasard a-t-il évolué depuis l'apparition des premiers hommes sur la terre ?

BC: Les premiers hommes avaient peur de la nature. Ils avaient froid, faim, craignaient d'être dévorés par les animaux...Bref, tout leur faisaient peur, parce qu'ils ne contrôlaient rien. Et, donc, leur premier tranquillisant a été ... le silex, qui leur a permis de tuer les animaux. Il y a 2,5 millions d'années, nous avons commencé à contrôler le monde extérieur.

On avait les moyens d'agir sur le réel, et on contrôlait aussi le monde avec des mythes, des explications magiques, qui lui donnaient du sens : si un oiseau vole à droite, aucun risque. Si il va vers la gauche, méfiance...On contrôlait l'angoisse, sans forcement agir sur le réel. Mais nous créions déjà notre base de sécurité. Puis avec la création de l'agriculture, la domestication des animaux, nous avons accru notre contrôle du réel. La technologie poursuit aujourd'hui ce processus. Sur les deux générations qui viennent de s'écouler, nous avons fait 90% des découvertes scientifiques et techniques depuis l'apparition de l'homme.

En cinquante ans, il y a eu une explosion de la connaissance fantastique ! Cette évolution correspond à un besoin psychologique des humains de contrôler le monde extérieur pour se sentir mieux. Les outils de la procréation médicalement assistée, qui permet de maîtriser jusqu'à la reproduction humaine, s'inscrivent dans ce désir de contrôle. Mais même dans la PMA, il reste une part de hasard ; seulement les 15% des tentatives aboutissent !
Et c'est le hasard qui continue d'inventer les enfants, blonds ou bruns, grands ou petit, aux yeux clairs ou foncés...

Q:  Les sciences accordent aujourd'hui au hasard un rôle prépondérant pour expliquer l'organisation du vivant. Comment expliquer que cette importance du hasard dérange ?

BC: En psychosociologie, nous établissons un axe, sur lequel se repartissent individuellement les individus : d'un coté les personnes qui ont des « locus de contrôle internes» et de l'autre un type de personnes qui ont des « locus de contrôle externe ».

Une manière de dire qu'il y a des gens qui tendent à penser qu'ils sont les auteurs de leur développement, qu'ils peuvent maîtriser leur devenir, et d'autres qui pensent qu'une force extérieure fait que nous ne sommes pas là par hasard, qu'il y a une intention hors de nous, divine de préférence ou un grand architecte qui nous gouverne.

Ceux qui parmi nous ont le plaisir de parcourir et explorer le monde, d'inventer des technologies, des idées nouvelles, sont ceux qui se sentent auteurs, acteurs de leur devenir. Les autres sont ceux qui se sentent tranquillisés par une représentation : l'ordre règne, notre voie est tracée, on sait ou est le bien et le mal, ce qu'il faut faire ou ne pas faire. .. C'est très sécurisant.

Je trouve personnellement que c'est une pensée clanique.

Ceux qui se disent acteurs de leur développement considèrent qu'il y a une part de liberté en nous, tandis que les autres prennent du plaisir à une forme de soumission. .. sécurisante. Quand ces deux conceptions contraires de l'existence s'opposent, le conflit se joue sur des sentiments et ce ne sont pas les arguments rationnels qui peuvent l'apaiser.

Q: La liberté est elle angoissante ?

BC: L'angoisse de la liberté n'est qu'une tendance psychologique. Ce n'est pas une fatalité. Nos enquêtes sur l'attachement nous montre que les deux tiers des individus, toutes culture confondues, vivent en ayant acquis un « attachement sécurisant ».
Ils aiment en général se sentir responsables. C'est souvent angoissant... mais ces personnes apprécient cette angoisse car elle leur laisse une part de liberté qui leur procure du plaisir.

Mais un tiers des adultes et des enfants ont acquis, eux, un attachement dit « insécurisant ».
Ceux là, pour arriver à se sentir en sécurité ont besoin de conditions qui peuvent ressembler à la prison !

Un exemple célèbre est celui de Nietzsche : à la fin de sa vie, il a demandé que soient retirés tous les meubles de la chambre qu'il occupait dans une clinique.
Quand sa chambre a ressemblé à une cellule, il s'est exclamé « enfin libre » ! Il s'était débrouillé pour éliminer toute angoisse de devoir faire un choix.

Cet artifice, on le retrouve chez les militaires souvent, les hauts fonctionnaires parfois, et chez les gens qui choisissent leurs chaînes.

Le mariage peut en être un cas de figure : « Maintenant, je suis marié, je ne remettrai pas ce lien en cause ». Le fait de ne pas remettre en cause une absence de choix peut apaiser. De fait, toutes les religions font appel à la soumission : « Ainsi soit-il », « Amen », Que la volonté d'Allah soit faite »... L'interdit a un effet structurant sur la personnalité, il empêche le chaos.

Q: Les individus qui s'opposent à la théorie de l'évolution qui donne finalement la part belle au hasard, sont - ils angoissés par la liberté ?

BC: Oui, je le pense, et tout dialogue avec eux est impossible sur le terrain de la raison. Ces personnes ont besoin de cette soumission à un ordre qui les dépasse. Si vous arriviez à les convaincre qu'il n'y a pas d'intentionnalité dans la nature, vous les rendriez malade. Et ils vous en voudraient ! D'où cette haine naissante dans les discussions entre créationnistes et évolutionnistes. Mais on trouve ce trait de soumission dans les sciences aussi. Dans les institutions scientifiques et les écoles de pensée, on répète la parole du maître et on se sent bien en la répétant. Cette tendance a fait des ravages. Même en biologie et en psychologie.

Mais elle permet aussi d'obtenir des postes, des financements : la soumission à la parole du maître peut procurer des bénéfices de carrière.

Dans la même logique, il peut arriver que des dictateurs soient élus démocratiquement, quand une société traverse une période d'angoisse. Le fait de donner tous les pouvoirs à quelqu'un qui va décider pour tous est tranquillisant. Mais, là aussi, ce comportement est une tendance à s e représenter le monde, ce n'est pas une fatalité. De nombreuses personnes changent de représentation du monde quand un traumatisme les touche, par exemple.

Q: Pour être un bon scientifique, faut il être joueur et accueillir le hasard comme une opportunité de découverte ?

BC: Oui ! Cela correspond même à la démarche qui définit théoriquement la science. Pour être un bon scientifique, il faut faire des hypothèses. On joue : on fait le pari que le monde fonctionne d'une certaine façon. Et l'on perd ou l'on gagne. Toute démarche scientifique devrait être un jeu, où l'on érotise l'inconnu-la découverte est excitante-, où l'on accepte le risque de se tromper. Mais, même chez les scientifiques, quand l'effet tranquillisant s'installe, celui qui consiste à instaurer une école de pensée, ou à s'inscrire dans l'une d'elles, alors la science se transforme vite en idéologie. Jusqu'au moment où cette idéologie devient délirante, soit coupée du réel sensible, et où elle s'effondre. De fait, l'histoire des idées scientifiques est un cimetière de théories !


BIOGRAPHIE DE BORIS CYRULNIK

Boris Cyrulnik né le 26 juillet 1937 à Bordeaux est un médecin, éthologue, neurologue et psychiatre.

Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon et enseignant l'éthologie humaine à l'Université du Sud-Toulon-Var, Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de « résilience » (renaître de sa souffrance). Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Publié dans BONBONS DU JOUR

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terreetmer 14/07/2008 20:22

Oh pas beau ;-)) je vais essayer d'en profiter un maxi un bel echange je pense Bise j'espere que j'aurais un petit peu de temps pour venir te voir

Rêves de B::: 14/07/2008 02:36

Et oui Anne, c'est interessant,  moi aussi je dois le relire comme tu dis pour bien l'intégrer! C'est vraiment chouette ton activité de dessin avec des enfants...Là je suis -un peu- jalouse! Oh! C'est pas beau....Passes du bon temps! bibi

terreetmer 13/07/2008 19:24

Bonjour bibiL"article sur Boris Cyrulnik est vraiment tres enrichissant, je pense qu'il va me faloir plusieurs passage pour que je le memorise !Merci pour l'encouragement, je vais etre au milieu d'enfants dans le dessin juqu'au coup quel bouffée d'air pur je vais prendre ... je ferais gaffe sur la route pour sur, c'est devenu tellement m'importe quoi si je pouvais utiliser un autre moyen de transport cela serait mieux !Bonne semaine a toi aussi A+ Anne

Rêves de B::: 13/07/2008 12:19

Mom merci pour ton passage et b week aussi

Rêves de B::: 13/07/2008 12:16

Fred-Zib° prends ton temps...c'est les vacances. Continues les sans soucis. Bizz. bibiMerci "Basic-Instinct" pour ton com, B W-E. Bon courage Anne pour ton nv job, parfois moi aussi mes coms ne marchent pas, bah...Prends ton temps et sois prudente sur les routes! B WE xo bibiPhilippe, Et oui aimer ses enfants n'est pas suffisant car on fait  des erreurs -humaines- ds l'éducation, nous avons tous notre propre histoire et on fait avec... On n'est pas les pires!Je suis allée à des conf° de BC, passionnant mais maintenant il se consacre à ces livres, au public etc. Les psy (je ne parle pas de lui) échouent aussi avec leurs propres enfants, j'en sais qqchose...J'ai autour de moi...Oui, les cordonniers sont svt les plus mal chaussés!